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Sermon de M. le chanoine Lefèvre,
Vice-Recteur du Séminaire, pour la Fête-Dieu

Gricigliano, jeudi 23 juin 2011

 

 

« Hic est enim calix sanguinis mei, novi et æterni testamenti »

 

Le mot testamentum[1] traduit ici le mot grec diaqhkh, lequel traduit le mot hébreu « berîth »

« berîth » de fait peut se traduire par testament ou par alliance ; nous avons dans nos traductions l’un ou l’autre mot. Il faut cependant préférer ici le mot alliance, il est plus fondamental.

Avec le terme alliance, on touche à l’essence de toute la Révélation. Notre Religion en effet est un lien avec Dieu, un lien d’amour, une alliance éternelle, un mariage mystique qui doit faire notre bonheur quotidien.

 

Dieu s'est révélé avant tout comme le Dieu de l'Alliance. Dès le début en effet, Dieu débordant d'amour s'est montré désireux d'alliance. Dès les origines Dieu montra son amour dans le don de la Création et plus spécialement dans le don de la vie humaine.

Déjà avec la création d’Adam et Eve, nous avons une première figure du Christ Nouvel Adam et de la Nouvelle Eve : Marie-l’Eglise qui est « l’humanité épousée ».[2]

 

La création n'a été que la première étape d'une longue série d'alliances, prouvant à quel point Dieu aima les hommes[3].

Dieu fit alliance avec Noé au lendemain du déluge, puis avec Abraham et les divers Patriarches. Il fit alliance avec Moïse et son peuple choisi[4] .

Dans ces alliances répétées, Dieu engagea vraiment sa parole et sa vie, son amour devenant, en face des ingratitudes des hommes et de son peuple choisi, tendresse et miséricorde.

Le Dieu de l'alliance est le Dieu fidèle, le Dieu de la grâce, le Dieu qui ne cesse de révéler ses desseins au cours de la longue histoire orageuse de l'infidélité de son peuple.

Et cela jusqu'à l'alliance définitive[5]déjà annoncée par les Prophètes Jérémie et Ezéchiel, quand vint la plénitude du temps[6].

 

Cette alliance est décrite par les prophètes comme un mariage spirituel. Les textes des Prophètes parlant des noces entre Dieu et Israël sont nombreux et très émouvants par le poids des mots que les saints prophètes ont utilisés.

Il faut citer Osée bien sûr[7], mais aussi Jérémie avec son chapitre 3ème[8] et Isaïe avec ses chapitres 61èmeet 62ème.

 

Osée : chap. 2, verset 18 : « En ce jour-là, dit le Seigneur, tu m'appelleras : " Mon époux ", et tu ne m'appelleras plus : " Mon Baal ".

Verset 21 : « Je te prendrai pour mon épouse par la foi et tu sauras que je suis le Seigneur. »

 

Nous ne pouvons pas lire le chapitre 3ème de Jérémie sans être saisi profondément par les plaintes que Dieu exprime par les lèvres du prophète. Ecoutons ces plaintes de Dieu à la vue de son alliance d’amour bafouée et méprisée. Ces pages nous intéressent, elles parlent de nous, nous sommes si souvent aussi infidèles aux inspirations du Saint-Esprit à nos engagements sacrés…

A lire les prophètes, on croirait voir les larmes de Dieu devant les infidélités de son épouse.

 

Jérémie, III, 6-13 : « Et le Seigneur me dit aux jours du roi Josias:

As-tu vu ce qu'à fait Israël l'infidèle?

Elle est allée sur toute montagne élevée et sous tout arbre vert, et s'y est prostituée.

Je disais: Après avoir fait toutes ces choses, elle reviendra à moi; mais elle n'est pas revenue, et sa sœur, Juda la prévaricatrice a vu.

Et quoique j'eusse répudié Israël l'infidèle, à cause de tous ses adultères, et que je lui eusse donné sa lettre de divorce, j'ai vu que sa sœur, Juda la perfide, n'a pas été effrayée et qu'elle est allée se prostituer, elle aussi.

[9] Par la facilité de sa fornication, elle a souillé la terre ; elle a commis l'impureté avec le bois et la pierre. (..)

[12] Va, [Jérémie] va et crie ces paroles du côté du septentrion et dis: "Reviens, infidèle Israël, dit le Seigneur. Je ne veux pas vous montrer un visage sévère, car je suis miséricordieux, et je ne garde pas ma colère à toujours. 

[13] Seulement reconnais ta faute, car tu as été infidèle au Seigneur ton Dieu, et tu as prodigué tes pas vers les étrangers. »

 

La plainte du verset 14ème est magnifique ! « Convertissez-vous, mes fils en revenant vers moi, dit le Seigneur ; parce que je suis votre époux. »[9]

 

D’année en année, Israël, l’épouse de Dieu oublie son Epoux divin.

De siècle en siècle, l’Epoux divin doit faire entendre sa voix, sa douleur, ses plaintes, ses gémissements pour faire revenir son épouse à la fidélité.

 

La voix de Dieu par ses prophètes est magnifique !

Ecoutez le prophète Isaïe au chapitre 61ème :

« L'esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m'a oint; il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux malheureux; panser ceux qui ont le coeur brisé ; pour prêcher la grâce aux captifs et la liberté aux prisonniers. » (Verset 1)

 

Au Verset 10ème, l’épouse peut chanter : « Je me réjouirai dans le Seigneur, mon âme exultera en mon Dieu, parce qu'il m'a revêtu des vêtements du salut et m'a couvert du manteau de la justice, comme le fiancé, il orne la tête de sa fiancée d'une couronne;

comme la mariée ornée de ses colliers. »

 

Mes bien chers frères,

« Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par son Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, et par lequel il a aussi créé le monde. » Hb I, 1-2

Il appartenait à Notre-Seigneur de restaurer pleinement l’Alliance d’amour.

Pour cela il versa son sang et il institua la sainte Eucharistie.

 

« Deus qui..mirabiliter condidisti et mirabilius reformasti. »[10]

 

Le Sang de Jésus est le Sang de l’Alliance : « Hic est enim calix sanguinis mei, novi et æterni testamenti: »

 

La sainte Eucharistie est notre meilleur moyen pour renouer notre alliance avec Dieu.

Par le Pain transsubstantié et le vin devenu le Sang de Notre-Seigneur, nous avons le moyen merveilleux de nous unir à Dieu et de vivre dès ici bas le mystère de l’Alliance d’amour que Dieu nous a proposé de siècle en siècle depuis le premier jour de la Création.

 

Dès la Création dans le paradis terrestre, l’Alliance primitive était d’être tout à Dieu, uni à Dieu dans une alliance qui n’aurait jamais dû être rompue.

Adam et Eve avaient tous deux dans le paradis terrestre la nourriture de l’arbre de Vie[11]. Ce fruit délicieux de l’arbre de vie, c’était déjà l’amour de charité qui resplendissait dans le cœur de nos premiers parents.

 

Saint Augustin - on le sait - voyait dans le fruit de l’arbre de vie le moyen pour nos parents de rester immortel. Au paradis terrestre, il existait donc une nourriture donnant l’immortalité. Cette nourriture a été perdue par le péché de nos parents. Mais Notre-Seigneur nous l’a rendue. En effet, la véritable nourriture donnant l’immortalité, c’est son Corps devenu hostie sur nos autels.

 

Jn VI, [54] : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle »

La sainte Hostie donne l’immortalité parce qu’elle nous unit à Dieu.

Ce qui demeure éternellement, c’est la charité. « caritas numquam excidit. »

« La charité ne finira jamais. S'agit-il des prophéties, elles prendront fin; des langues, elles cesseront; de la science, elle aura son terme. Car nous ne connaissons qu'en partie, et nous ne prophétisons qu'en partie; or, quand sera venu ce qui est parfait, ce qui est partiel prendra fin. » I Cor. XIII

 

Jn VI, [56] : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. »

 

Cette parole de Notre-Seigneur, je la trouve absolument merveilleuse et je pense qu’il nous est bon de la méditer longuement.

Par la manducation de la sainte Hostie, Dieu « demeure en moi et moi en Lui. »

Chers séminaristes,

Il faut prendre conscience de cette parole et de la réalité que cette parole signifie.

Par ce sacrement de la sainte Eucharistie, le mystère de l’Alliance d’amour entre Dieu et nous peut enfin être pleinement vécu. Par la manducation de la sainte Hostie, Dieu demeure en moi et moi en Lui. » Ceci est totalement extraordinaire.

 

La sainte Eucharistie est un « festin de grâces » qui nous donne un avant-goût du festin céleste.

 

Saint François de Sales[12] : « Le Bonheur infini, Théotime, ne nous a pas seulement été promis, nous en avons des arrhes au très saint sacrement de l’Eucharistie, qui est le festin perpétuel de la grâce divine… »

« Dans le très saint Sacrement est comprise toute la suavité du Ciel et de la terre. (Sag. XVI, 20)

[les paroles de la consécration sont prononcées :

à la voix d'un prêtre, pour méchant et indigne qu'il soit,

notre souverain Maître vient.

Il se cache sous ces espèces pour notre bonheur.]

N'est‑ce pas nous porter entre ses bras que de nous permettre de nous unir à lui ainsi? » [13]

 

Aristote[14] affirmait qu’entre Dieu et nous l’amitié ne pouvait exister parce que Dieu est infiniment distant, inaccessible, indicible, inconnaissable, infiniment transcendant…Il reste lointain, nous ne le connaissons pas vraiment.

Le Primum Movens pense-t-il à nous ?

Nous aime-t-il ?

Sans la Révélation…le philosophe ne sait pas répondre à ces questions.

Mon Dieu, quelle tristesse !

 

Chers amis,

La vision de ce que la Philosophie pure peut dire et ne peut dire nous manifestent l’apport spécifique de la Révélation de Notre-Seigneur.

 

Ce que la Révélation nous apprend, c’est que Dieu est aimable parce qu’Il a tout créé pour nous ; qu’il est aimable parce qu’Il s’est incarné ; parce qu’Il nous a parlé ; parce qu’Il a vécu auprès de nous ; parce qu’Il nous a montré le chemin et le modèle à suivre.

 

Il a pris un visage. Ce visage, cette bouche, sa physionomie, sa tenue, son maintien habituel, son humilité et amabilité dans ses regards ; tout en Jésus est aimable.

Jésus notre Sauveur nous montre ce qu’est la Bonté divine ; une bonté qui se communique par l’Incarnation, une bonté qui se donne, qui se fait homme.

Et après tous ces dons, il y a le don de la très sainte Eucharistie.

 

Jésus se fait Hostie sur l’autel, il se donne à nous par les mains de ses prêtres.

 

Il est posé sur nos lèvres, il se laisse manger, il vient ainsi jusqu’en notre cœur pour y faire sa demeure : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. » Jn VI, 56

Voici l’Alliance parfaitement restaurée. Pouvions-nous imaginer une union plus parfaite ?

 

Il est là dans la petite Hostie, avec son sang, avec son âme, avec son cœur, avec sa nature divine toute entière. Le Fils vient aussi avec son Père et son divin Esprit !

 

Dans la petite Hostie que les mains consacrées du prêtre nous donnent, il y a tous ces dons ! La Très sainte Trinité nous est donnée pour que nous puissions nous unir à Elle. L’Hostie nous est donnée, c’est le Pain venu du ciel pour que nous puissions entrer dans le sein de la Très sainte Trinité et vivre en elle.

 

Chers séminaristes,

En voyant la blanche Hostie, nous devons voir avec les yeux de la Foi un viatique pour entrer dans le cœur de la Très sainte Trinité.

Quand Jésus vient, Il nous donne son Père et son Esprit divin.

 

« Philippe, celui qui m'a vu, a vu aussi le Père. Comment peux-tu dire: Montrez-nous le Père! » Jn XIV, 9

« Il faut que vous vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi, et que je suis dans le Père." » Jn X, 37-38

« Mon Père et moi nous sommes un. » Jn X, 30

 

Dans la sainte Hostie, le Fils est présent, le Père est présent, le saint-Esprit est présent.

Et Jésus dit: « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. » Il faut comprendre : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en la sainte Trinité. »

 

Avec la sainte Communion, j’atteins ma fin, mon bonheur, le Bien qui seul peut me combler.

J’atteins Dieu, je peux vivre en Lui et Lui en moi.

« per ipsum, et cum ipso, et in ipso »

 

Chers séminaristes

Soyons moins distraits, moins habitués ; soyons plus émerveillés devant un tel mystère d’union.

 

La possession n’est pas encore parfaite, pourtant pendant quelques minutes, je le possède, Il s’est donné.

« Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. » Lc XV, 31

Au moment de la communion, je peux jouir de sa présence réelle ; Il est en moi, Il se fait ma nourriture et mon breuvage. Il est en mon cœur comme en son sanctuaire ; alors en le possédant ainsi à l’intime, je puis lui parler à mon aise dans une sainte union amicale.

 

Dieu est mon ami, Il vient, Il se donne à moi, Il me parle, je Lui parle

Dans le secret, Il me communique ses biens, les richesses de son cœur et de son amour divin. Pendant quelques minutes, le monde n’existe plus ; je ne vis que pour Lui, je n’écoute que Lui, je ne m’intéresse qu’à Lui. Je suis pauvre et misérable, je le sais, mais « c'est alors que je suis fort. » II Corinthiens XII, 10

Oui je deviens fort en ma faiblesse parce Jésus vient à moi dans la sainte Hostie

 

L’Hostie blanche et belle, c’est ma Force, ma vie, mon ciel ; le viatique pour entrer dès ici-bas dans la Paradis de la Ste Trinité.

 

« Dominus vobiscum »

Le Seigneur est avec vous, le Seigneur est avec moi

« Et cum Spiritu tuo. » Mon esprit est en Lui, je vis tout en Lui.

« Sursum corda »

« per ipsum, et cum ipso, et in ipso »

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. » Jn VI, 56 

 

Le prêtre pendant cette communion peut ignorer l’existence du monde et des fidèles qui le regardent ; il ne vit que pour son Bien-aimé reçu dans le cœur.

Le Seigneur Jésus devient nourriture pour mon âme et mon cœur ; Il me donne sa vie, son amour divin, Il guérit mon cœur blessé et malade. Il guérit mon cœur égoïste, indocile et ingrat. Il guérit mon cœur toujours distrait et dispersé dans les choses extérieures. Toujours hors de son lieu propre : Dieu « l’unique nécessaire »[15].

 

Ah ! Chers séminaristes, puissions-nous comprendre l’ineptie de nos désirs quand ils ne sont pas pour Dieu.

 

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. » Jn VI, 56 

Demeurer dans le Cœur de Jésus, n’est-ce pas là ce qui nous fait vivre vraiment ?

Nous ne vivons pas vraiment lorsque nous ne vivons pas pleinement en cet Amour divin.

 

Si cette Vie est faible en nous, encore extérieure à nous, encore fragile, alors il faut manger le plus souvent possible ce pain de Vie.

 

« Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera. » Jn VI, 27

« Voici le pain descendu du ciel, afin qu'on en mange et qu'on ne meure point. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour le salut du monde. » Jn VI,  50-51

 

Qu'en ce jour Jésus-Hostie augmente en nous notre Révérence, notre Adoration et notre Reconnaissance devant un si grand sacrement !

 

« Sit laus plena, sit sonora ; Sit jucunda, sit decora mentis jubilatio. »[16]

Que notre louange soit pleine, qu’elle soit sonore ; qu’elle soit joyeuse, qu’elle soit belle la jubilation de nos cœurs.

 

« Dies enim solemnis agitur in qua mensæ prima recolitur hujus institutio. »

C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin la première institution.

 

Mon Dieu,

Marie, ma bonne Mère du Ciel, apprenez-moi à communier !

Apprenez-moi à faire de chacune de mes communions un festin de Noces, un moment de délice pour le cœur,

un moment de délice pour retrouver et demeurer dans le Cœur de l’Epoux de mon âme[17].

 

Ainsi soit-il

 


[1] Mt XXVI, 28 : « Hic est enim sanguis meus novi testamenti qui pro multis effunditur in remissionem peccatorum. »

Mc XIV, [24] : « Et ait illis hic est sanguis meus novi testamenti qui pro multis effunditur. »

[2] Cardinal Journet : L’Eglise du Verbe Incarné, Tome II, pages 113, 114

[3] cf Jn III, 15-16; Eph II, 4-5. cf. Benoît XVI, Deus caritas est n°9.

[4] cf. Ex XX, 2 et seq.

[5] cf. Heb XII, 24 et XIII, 20.

[6] Gal. IV, 4 ; cf. Jer XXXI, 31.

[7] Osée II.

[8] Jérémie III, 1-4.

[9] « Convertimini filii revertentes dicit Dominus quia ego vir vester. »

[10] Offertoire de la Messe.

[11] Gn II, 9

[12] IV 202, Traité de l’amour de Dieu, livre III, chap. 11

 

[13] IX, 134, Sermon pour la fête de la Présentation 

[14] Aristote, Ethique à Nicomaque, livre 8, chap. 9 : « si l’un des amis est séparé par un intervalle considérable, comme par exemple Dieu est éloigné de l’homme, il n’y a plus d’amitié possible. »

[15] « unum est necessarium » Lc X, 42

[16] « Lauda Sion » : séquence composée par saint Thomas d'Aquin pour la messe de la Fête-Dieu.

[17] « L'Epoux sera toujours Dieu incréé ou incarné ; l'épouse, l'âme. » St François de Sales, Tome XXVI, pages 24 a 39 : Déclaration mystique sur le Cantique des cantiques (à lire…)