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Sermon de monsieur le chanoine Paul-Antoine Lefèvre
pour la fête du Sacré-Cœur le 11 juin 2010

 

 

M. le Supérieur,

chers chanoines,

bien chers séminaristes,

bien chères sœurs,

mes bien chers frères.

 

Cette année, notre fête du Sacré Cœur est célébrée pendant l’année sacerdotale qui va se terminer le 19 juin 2010 et dans l'année jubilaire pour le 4ème centenaire de la Visitation, commencée le 24 janvier. Ces recoupements dans ces deux années commémoratives, nous permettent de faire des liens profonds entre le Sacré Cœur, l’Ordre de la Visitation fondé par notre saint François de Sales et la spiritualité sacerdotale.

 

Nous savons que l’essentiel de la dévotion au Sacré Cœur a toujours existé. La méditation sur le thème de l’amour de Notre-Seigneur, mort - le cœur  transpercé sur la croix - a commencé avec la sainte Vierge et saint Jean au pied de la croix et n’a jamais cessé dans les cœurs des saints de l’Eglise.

C’est depuis toujours que l’Epouse du Christ médite :

-         sur le côté ouvert par la lance,

-         le repos de saint Jean sur la poitrine du Seigneur,

-         les paroles du Cantique des cantiques :

-         « vulnerasti cor meum » Cant. IV, 9

-         « in foraminibus petrae, in caverna marceriae » Cant. II, 14

-         « pone me ut signaculum super cor tuum » Cant. VIII, 6

Cependant, il faut bien le reconnaître, le culte officiel s’est instauré dans l’Eglise par la médiation d’une religieuse que nous connaissons bien parce cette heureuse élue était une fille de st François de Sales à la Visitation de Paray le Monial.

 

Par le choix de cette religieuse, Notre Seigneur a confié aux sœurs de la Visitation, mais aussi à tous les fils et filles de saint François de Sales la mission de propager cette dévotion au Sacré Cœur. Dans l’Institut, en étant désireux nous mêmes d’être de vrais fils de saint François de Sales, nous nous devons de vivre cette dévotion en profondeur et nous efforcer d’en être les fidèles propagateurs.

 

Avant d’approfondir ce que cette dévotion doit être dans l’Institut, je souhaiterais m’attarder sur les circonstances de la première rencontre entre saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal.

 

Nous devons l’existence de cette Congrégation de la Visitation à une rencontre providentielle qui permit l’existence d’une admirable amitié spirituelle. Les circonstances de cette première rencontre nous en disent long déjà sur le cœur de saint François de Sales si semblable au Sacré Cœur.

 

Notre saint Docteur fut nommé évêque coadjuteur le 22 mars 1599. Il ne sera sacré que le 8 décembre 1602,  trois ans après. C’est en 1604 que saint François rencontra sainte Jeanne de Chantal au cours d’un Carême prêché à Dijon.

 

Il faut le souligner, ce déplacement était tout à fait inattendu et surprenant et ce pour quatre raisons :

§        Parce que conformément aux décisions du Concile de Trente, saint François de Sales répugnait à quitter sa résidence, même avec l’autorisation du Pape et de son Prince, le duc de Savoie.

§        Parce que comme il l’écrivit un jour à sainte Jeanne de Chantal[1], en tant qu’évêque, il se considérait comme « garrotté », ne pouvant quitter « sa pauvre femme », sa chère Eglise de Genève.

§        Et aussi parce que tous ses amis et le Recteur des Jésuites, le bon père Jean Fourier de Chambéry [2], son directeur spirituel étaient tous défavorables à ce déplacement.[3]

§        Nous savons par ailleurs que saint François de Sales n’allait jamais contre l’avis de son directeur de conscience. Pourtant cette fois, il ne suivit pas son conseil. Il quitta son diocèse pour se rendre à Dijon.

Il est très intéressant de savoir pourquoi notre saint prit une telle décision.

 

Les biographes nous l’expliquent bien. En 1604, par une méprise qu’explique le tracas des affaires dont Henri IV était continuellement préoccupé, ce prince avait cédé, à titre de bénéfice, à l’archevêque de Bourges, Mgr André Frémiot, les biens ecclésiastiques du pays de Gex, Henri IV fit ce don en oubliant qu’il avait déjà cédé ces biens à l’évêque de Genève pour servir à l’établissement  des curés en cette contrée.

Mgr André Frémiot soutenait que la seconde ordonnance du roi devait prévaloir sur la première et l’évêque intenta un procès à l’évêque de Genève pour avoir gain de cause.

Saint François de Sales, nous le savons, avait une très grande répugnance pour les querelles, à juste titre il craignait que ce procès entre évêques ne fasse scandale. Il désirait donc à tout prix arranger cette affaire à l’amiable en voyant l’archevêque de Dijon.

 

Voici donc la raison qui conduisit saint François de Sales à ne pas suivre les avis de son conseiller spirituel. Il fallait absolument trouver un moyen d’éviter une fâcheuse querelle. Il fallait une conversation aimable pour maintenir le lien de charité et l’unité des cœurs entre deux évêques. Saint François de Sales se rend à Dijon en mars-avril 1604 officiellement pour prêcher le Carême et ainsi trouver un accord avec Mgr André Frémiot.

Comment cette difficulté fut-elle surmontée ? C’est tout simple : « Saint François de Sales se déplace, il se montre tel qu’il est : aimable et délicat, dès qu’il se fit entendre, la conversation et la personne du prélat de Genève se fit si aimable que Mgr de Bourges abandonna aussitôt ses prétentions ».[4]

 

C’est là en cette circonstance que sainte Jeanne rencontra Saint François de Sales. Dès la première prédication, sainte Jeanne reconnut le prêtre que Dieu lui avait montré en vision en réponse à ses prières ardentes. Sainte Jeanne en éprouva une joie indicible. Dès que le Président Frémiot invita le saint prédicateur, saint François de Sales put faire ample connaissance avec le Père de sainte Jeanne et son frère, Mgr André Frémiot. Quelques mois après ce premier entretien, une direction spirituelle commença entre le saint évêque et sa très chère fille, Jeanne de Chantal. L’affection qui les unissait était entièrement prise dans le Sacré Cœur et c’est ce qui explique l’admirable fécondité de cette amitié spirituelle ; en elle, rien ne fut hors de la volonté de Dieu, elle était toute sainte, toute pure, toute belle.

 

Aujourd’hui, en cette fête du Sacré Cœur, il nous faut demander la grâce d’avoir des amitiés spirituelles qui ressemblent à celle-ci.

J’ai pris la peine de faire cet excursus historique dans la vie de notre saint Patron parce que j’ai pensé que c’était là une belle illustration de la charité du cœur de saint François de Sales.

Notre saint Patron connait trop bien le prix de l’union des cœurs. Il sait que cette union des cœurs a été achetée au prix du Sang de Notre Seigneur. Saint François de Sales sait que ce lien est parfois fragile et mérite beaucoup de soin. Devant la perspective d’une fâcherie avec un confrère évêque, il n’hésite pas à quitter son diocèse pour la dissiper.

L’union de similitude est cause de l’amitié, l’union affective est l’amour même et l’union réelle est l’effet de l’amour de charité.[5] Cette union, il ne faut rien négliger pour la sauvegarder par tous les moyens possibles.

Dans le plan créateur de la sagesse divine, tout est en harmonie dans l’union parfaite, et c’est le péché qui a tout désuni, abîmé, blessé, brisé, déchiré, désagrégé, dénaturé. Il faut prendre garde aux désunions, parfois elles peuvent conduire à la mort.

Devant la désunion des cœurs, saint François de Sales voit l’œuvre du diable. Le diable est le diviseur, (c’est l’une des significations de ce nom) : ainsi, chez les individus, dans les familles, dans les communautés, sans cesse il cherche à jeter la discorde et la dispute.

Dans une lettre écrite au Prieur du Monastère de Sixt[6], saint François de Sales écrit, (je cite) : « L’ennemi de paix et d'union tache de semer petit à petit des pensées de séparation parmi vous autres, je vous prie et exhorte de tout mon cœur de ne point permettre qu'il prévale contre les saintes et honorables résolutions que vous avez prises avec moi, de vivre joints et liés ensemble en l'observance de vos Règles, entre lesquelles la communauté et union des cœurs et de biens est la principale. Vous serez forts étant unis, faibles et aisés à succomber étant désunis. »

 

Nous connaissons cette action du diable en nous et autour de nous. Il s’efforce continuellement de mettre la division en nos intentions, en notre cœur, en notre vie pour nous affaiblir et diminuer la fécondité de nos œuvres.

Division en nous : le diable s’efforce de susciter en nos cœurs des désirs qui nous éloignent de notre vocation et notre devoir d’état. Avec une multitude de désirs (même bien dirigés), il affaiblit notre cœur qui ne doit désirer que ce que Dieu désire là où il nous a mis.

Demandons au Sacré Cœur aujourd’hui de nous préserver de cette dispersion du  cœur. Aimer le Sacré Cœur, c’est aimer puissamment ce que Dieu veut pour nous et dans ce vouloir, il y a la concorde et la patience dans le support des contradictions, là où nous sommes.

Dans un Avis à la sœur Marie-Adrienne Fichet[7] saint François de Sales nous parle de la charité qui devrait toujours être en nos cœurs. Je ne résiste pas au désir de vous donner quelques citations :

« Ma chère fille, (dit-il) oyez saint François [d’Assise] s'écrier : « Notre Seigneur est mort d'amour et personne ne l'aime ! »[8] Tachez donc [de l'aimer] de tout votre cœur, de toutes vos forces et puissances. Vous lui êtes bien obligée pour tant de grâces qu'il vous a faites et fait continuellement. Notre Seigneur vous a aimée de toute éternité (Jérém. XXXI, 3) et il vous aime bien, croyez-le, je vous en prie.

Comment faut-il faire pour l'aimer ? Il n'y a rien à faire qu'à l'aimer et mettre tout son amour en lui. Contentez-vous en lui, et vous devriez être contente. Quand il n'y aurait que Dieu et vous au monde, ne serait‑ce pas assez, sans vouloir tant de créatures et vous amuser à tant de tricheries qui passent par votre esprit ? Ressouvenez-vous souvent de Dieu par de fréquentes aspirations en lui. (..)

Notre Seigneur a tant aimé ses créatures, qu'il a estimé qu'il ne pouvait envoyer ni Anges ni Saints pour nous montrer l'amour qu'il nous portait, s'il ne venait lui-même en personne prendre notre humanité et donner son sang et sa vie pour notre Rédemption. Cela nous doit bien encourager à l'aimer et servir de bon cœur et joyeusement.

         Essayons-nous de n'avoir en l'entendement que Jésus, en la mémoire que Jésus, en la volonté que Jésus et en l'imagination que Jésus. Prononçons souvent ce saint Nom, comme nous pourrons ; que si pour le présent ce n'est qu'en bégayant, à la fin nous apprendrons à le bien prononcer. Le seul amour divin peut seul exprimer ce saint Nom: Jésus. Prions le qu'il lui plaise de l'imprimer au fond de notre cœur en cette vie, afin de le voir en l'autre.

De l'amour de Dieu dérive celui du prochain. Ne vous étonnez pas si votre amour n'est pas tendre, tant à l'endroit de Dieu comme à l'endroit des créatures; pour être fort, il en est meilleur. Il les faut aimer tendrement tant que l'on peut. »

« Quand il nous vient envie de nous fâcher avec quelqu'un, il faut tout aussitôt regarder cette âme dans le sein de Dieu, à cette heure nous n'aurons garde de nous fâcher avec elle, et c'est le vrai moyen de conserver la paix en notre cœur et l'amour du prochain. »

Dans un Avis à la Mère de Chantal[9], saint François de Sales écrit, je cite : « Si nous voyons les prochains dans la poitrine du Sauveur, alors nous serons tout détrempés en douceur, en suavité envers eux. Hélas ! qui regarde le prochain hors de là, il court fortune de ne l'aimer ni purement, ni constamment, ni également ; mais là, qui ne l'aimerait ? qui ne le supporterait ? qui ne souffrirait ses imperfections ? qui le trouverait de mauvaise grâce ? qui le trouverait ennuyeux ? Or, il y est ce cher pro­chain, ma très chère Fille, dans le sein et dans la poitrine du Sauveur, il y est comme très aimé et tant aimable, que l'Amant meurt d'amour pour lui. »

Mes biens chers frères, il faut craindre l’action du démon voulant briser l’union de charité. Une communauté divisée peut très vite aller à une ruine complète.

Le diable est un expert pour mettre dans les conversations les sujets qui fâchent et qui jettent le trouble, la division, les querelles qui parfois demeurent pendant des décennies.

Saint François de Sales connaissait bien cette tactique du démon. Pour vaincre le démon, il nous faut développer en notre vie spirituelle l’amour envers le Cœur sacerdotal de Notre Seigneur.

La charité qui doit unir tous les membres de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre doit être prise dans le Cœur de Jésus, c’est l’unique source pure qui peut nous unir vraiment, hors de là, tout est fragile et éphémère.

Un cœur de prêtre, un cœur de séminariste, un cœur de religieuse, un cœur d’oblat dans l’Institut, c’est un cœur qui doit s’offrir, se donner chaque jour davantage, s’offrir en acceptant toutes les croix que Dieu nous envoie et vivre le plus possible de la charité.

Permettez-moi encore ce matin de vous remettre dans les oreilles et le cœur un extrait du sermon de saint François de Sales qui pourrait figurer dans notre Charte. C’est un passage d’un sermon sur l’amour du prochain que le saint docteur donna le 27 février 1622 :

« Mes chers amis, je voudrais vous parler de cette union et concorde que nous devons avoir les uns avec les autres. 

Cette union et cette concorde nous ont été prêchées, recommandées et enseignées par Notre Seigneur, mais avec une exagération sans pareille et avec des termes admirables ; de sorte qu'il semble qu'il se soit oublié de nous recommander l'amour que nous lui devons porter, et à son Père céleste, pour mieux nous inculquer l'amour et l'union qu'il voulait que nous eussions les uns avec les autres ;  il a même appelé le commandement de l'amour du prochain son commandement ([10]), comme étant le sien le plus chéri.

Il était venu en ce monde pour nous enseigner en Maître tout divin, et cependant il n'inculque rien tant ni avec des paroles si prenantes que l'observance de ce commandement de l'amour du prochain.

Et cela non sans grand sujet, puisque le bien-aimé du Bien-aimé, le grand Apôtre saint Jean, assure (1 Jn 4,20) que quiconque dit qu'il aime Dieu et n'aime pas le prochainest menteur ; au contraire, celui qui dit qu'il aime le prochain et n'aime pas Dieu, contrevient à la vérité, car cela ne se peut. Aimer Dieu sans aimer le prochain, qui est crééà son image et semblance (Gen 1, 26), c'est une chose impossible.([11])

Mais quelles doivent être cette union et cette concorde que nous devons avoir  ensemble ? Telle que si Notre Seigneur lui-même ne l'eut expliquée, nul n'eut eu la hardiesse de le faire en mêmes termes qu'il l'a fait.

« Mon très cher Père, dit-il en la dernière Cène, je vous supplie que tous ceux que vous m’avez donné soient un, comme vous et moi, Père, sommes un (Jn 17,11 et 21). Qui eut osé faire une telle comparaison, et demander que nous fussions unis comme le Père, le Fils et le Saint Esprit le sont  ensemble ? Cette comparaison semble être du tout étrange, car l'union des trois divines Personnes est incompréhensible, et nul, quel qu’il soit, ne saurait s'imaginer cette simple union et cette unité si indiciblement simple.

Aussi, nous ne devons pas entendre de pouvoir parvenir à l'égalité de cette union, car il ne se peut, comme le remarquent les anciens Pères ; il nous faut contenter d'en approcher au plus près qu'il nous sera possible selon la capacité que nous avons. Notre-Seigneur ne nous appelle pas à l'égalité, mais seulement à la qualité de cette union, c'est à savoir, que nous nous devons aimer et être unis  ensemble le plus purement et le plus parfaitement qu'il se peut. » Fin de citation.

 

Mes bien chers frères, il faut demander au Sacré cœur la grâce de savoir dire fiat à la volonté de Dieu jusqu’au bout.

Sainte Marie Madeleine le soir du dernier souper chez Simon à Béthanie ne s’est pas contentée de verser son parfum sur les pieds et la tête de Jésus.

Lorsque son geste était déjà presque fait, elle a pris encore le soin de briser le flacon. C’est saint Marc et lui seul qui nous donne ce détail :

« Venit mulier habens alabastrum unguenti nardi spicati pretiosi et, fracto alabastrum, effudit super caput ejus. » Mc XIV, 3.

Le vase a été brisé pour être mieux vidé, afin que la dernière goutte soit bien donnée. Est-il interdit de penser que sainte Marie Madeleine en brisant le flacon a voulu exprimer une volonté de donation totale ? Dans cette scène de l’Evangile, le véritable parfum qui a embaumé « toute la maison »[12], n’étaient-ce pas les vertus et l’amour du cœur de sainte Marie Madeleine ?

Nous devons demander aujourd’hui la grâce d’aimer le Sacré Cœur comme sainte Marie Madeleine, comme saint Jean, comme saint François de Sales l’ont aimé.

 

Demandons la grâce d’aimer le Sacré Cœur par un don de nous-mêmes jusqu’à la dernière goutte de vie. Le mystère du vase brisé, c’est aussi le mystère du cœur percé. C’est l’amour que le Christ lui a donné, qui permet à Marie Madeleine de briser ce vase de 300 deniers et d’être au pied de la croix.

Jésus donne jusqu’à la dernière goutte de son sang. Ce soir à Béthanie, sainte Marie Madeleine donne son cœur et dit à son Bien aimé qu’elle saura l’aimer jusqu’à son dernier souffle et avec tous les élans de son âme.

Le mystère du cœur sacerdotal de Jésus, c’est le mystère d’un amour qui doit être plus fort que tout : plus fort que nos péchés, plus fort que nos misères et imbécilités de toutes sortes, plus fort que le mystère de l’iniquité qui ne cesse d’œuvrer à travers les siècles dans le cœur des hommes

Plus fort que toutes les causes de désunion que le démon ne cesse de jeter dans les communautés et les cœurs.

 

Demandons aujourd’hui au Sacré Cœur la grâce de nous conserver dans l’unité de la charité, le « lien de la perfection ». Demandons-Lui la grâce d’être victorieux de nos incompréhensions, divergences de vue et de caractère. Demandons-Lui la grâce de pouvoir toujours pardonner à nos confrères dans cette famille qui est la nôtre.

 

Un cœur sacerdotal, c’est un cœur désireux d’être semblable à celui de Notre-Seigneur, c’est un cœur qui met sa confiance en Lui et pas en soi.

 

Que la sainte Vierge Notre Mère nous aide elle aussi à entrer dans la vraie pratique de la dévotion au Sacré Cœur. Ainsi soit-il.

 


[1] Volumes XIII , Lettre CCCXXVIII à madame de Chantal, page 142 : « Vous me demandez si j'irai en Bourgogne cette année. Dieu seul le sait, je ne le sais pas. Je pense que non, car mille liens me tiennent attaché si court et serré que je ne puis remuer pieds ni mains, si Dieu de sa sainte main ne m'en délivre. Voila que c'est, je pense vous l'avoir déjà dit par une précédente. Pour ma personne, je ferai tout pour donner satisfaction, je ne dis pas à vous, mais au moindre de tous mes enfants que Dieu m'a donné; mais ma pauvre femme me fait compassion, et puisque je ne la puis laisser qu'elle n'en souffre mille incommodités et que Dieu veut que je lui adhère (Gen. II, 24 ; Mt XIX,5), me voila garrotté.

[2] Lettre CCXI de février 1604, tome XII page 254.

[3] Nous le savons avec la lettre à la baronne de Chantal du 30 janvier 1606 (tome XIII, page 138) : « vous sçavés ce que je vous dis un jour de mon voyage de Dijon, lequel je fis déjà contre le commun advis de tous mes amis, mais sur tout de celuy auquel je devais le plus deferer, qui est le mesme Pere Recteur que je vay voir a ce Caresme prenant, lequel, avec un grand zele de mon bien, me pensa quasi arrester (Lettres 2, note 280) ; mais ce grand Dieu, en la face duquel je regardais droit, tirait tellement mon ame a ce beni voyage, que rien ne me peut arrester, et aussi il l'a reduit tout a bien et a sa gloire. »

[4] Œuvres complètes de saint Fr de Sales publiée par M. l’abbé Migne, 1861 tome I, Vie de saint François de Sales par François Pérennès, livre VI, col.605

[5] 1a2ae, q.26-28

[6] XIX 57 : Lettre au Prieur et aux religieux du Monastère de Sixt

[7] Avis a la sœur Marie-Adrienne Fichet, Tome XXVI (édition Annecy, 1932) Opuscule xxx sur les vertus pages 292-318

[8] Chronica Fratr. Min. livre I, c.86

[9] Avis à la Mère de Chantal sur la simplicité, l'abandon et l'amour du prochain., Jeudi‑Saint, 31 mars 1616, Volume 26, opuscules, page 272

[10] Jn 15,12 ; voir aussi serm du 7.1.1601 (VII,362) et du 12.10.1614 (VIII,147)

[11] voir TAD liv 10, ch 11 ; voir aussi serm 15.8.1618 (IX,65 et 190)

[12] Jn XII, 3: « domus impleta est ex odore unguenti. »