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24 novembre 2006

 

« J’ai appris de saint Augustin que « l’âme attentive se fait à elle-même une solitude ». Mais, mes Frères, ne nous flattons pas ; il faut savoir se donner des heures d’une solitude effective si l’on veut conserver les forces de l’âme. C’est ici qu’il faut admirer l’inviolable fidélité que la Reine gardait à Dieu. Ni les divertissements, ni les fatigues des voyages, ni aucune occupation, ne lui faisaient perdre ces heures particulières qu’elle destinait à la méditation et à la prière. Aurait-elle été si persévérante dans cet exercice si elle n’y eût goûté la manne cachée, que nul ne connaît que celui qui en ressent les saintes douceurs ? C’est là qu’elle disait avec David : « Ô Seigneur, votre servante a trouvé son cœur, pour vous faire cette prière ! » Invenit servus tuus cor suum. Où allez-vous, cœurs égarés ? Quoi ! même pendant la prière vous laissez errer votre imagination vagabonde ; vos ambitieuses pensées vous reviennent devant Dieu; elles font même le sujet de votre prière ! Par l’effet du même transport qui vous fait parler aux hommes de vos prétentions, vous en venez encore parler à Dieu, pour faire servir le ciel et la terre à vos intérêts. »

 

Bossuet,

Oraison funèbre de Marie-Thérèse d’Autriche.

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