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20 novembre 2006

 

« Il est bien croyable, disait-elle, qu’un Dieu qui aime infiniment en donne des preuves proportionnées à l’infinité de son amour et à l’infinité de sa puissance ; et ce qui est propre à la toute-puissance d’un Dieu passe de bien loin la capacité de notre faible raison. C’est, ajoute-t-elle, ce que je me dis à moi-même, quand les démons tâchent d’étonner ma foi ; et, depuis qu’il a plu à Dieu de me mettre dans le cœur, remarquez ces belles paroles, que son amour est la cause de tout ce que nous croyons, cette réponse me persuade plus que tous les livres. C’est en effet l’abrégé de tous les saints Livres et de toute la doctrine chrétienne. Sortez, parole éternelle ; Fils unique du Dieu vivant, sortez du bienheureux sein de votre Père, et venez annoncer aux hommes le secret que vous y voyez. Il l’a fait, et durant trois ans il n’a cessé de nous dire le secret des conseils de Dieu ; mais tout ce qu’il en a dit est renfermé dans ce seul mot de son Évangile : Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique. Ne demandez plus ce qui a uni en Jésus-Christ le ciel et la terre, et la croix avec les grandeurs ; Dieu a tant aimé le monde. »

 

Bossuet,

Oraison funèbre d’Anne de Gonzague de Clèves.

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